Compte rendu de l’atelier “Ghost Blogueur vs Community Manager”

Intervenants :

  • Mélanie Chamaah. Elle est spécialiste depuis 10 ans des TIC. Elle intervient en tant que consultante eBusiness pour des grands groupes mais aussi comme chef de projet pour des PME. Elle a lancé en 2000 sa start-up « folles de foot » à l’occasion de l’euro 2000. Elle avait alors développé une communauté de femmes passionnées de football. Elle travaille depuis deux ans pour la société Kysoh qui développe un agent intelligent open-source. Le pingouin Tux peut faire office de réveil matin, indiquer la météo, lire des emails ou des flux RSS synthétisées vocalement voire faire office de téléphone IP. Mélanie Charnaah a réuni pour ce projet une communauté de béta testeurs du monde entier pour améliorer le dispositif tout au long de sa conception.
  • Baudouin Van Humbeeck. Célèbre blogueur belge très intéressé par la politique de son pays, il a ouvert plusieurs blogs sur le sujet.
  • Marie Van Humbeeck. Elle est la directrice de « e-criture », l’association professionnelle francophone des métiers de l’écriture web. Elle a travaillé comme community manager de la société Journaliste-web.be jusqu’à fin 2009 et exerce désormais en free lance auprès entreprises voulant être présentes sur les réseaux sociaux.

Animateur :

  • Marina Aubert. Elle est journaliste de formation et a crée en 2003 sa propre agence en communication web: Journaliste-web.be. Elle présidente et co-fondatrice de « e-criture ».  Elle a co-écrit le livre Ecrire et manager sa communication web sorti aux éditions Edipro en février 2009.

1. Pourquoi ce titre ?

Ce titre provient d’un article publié il y a quelques mois par un journal en ligne américain, qui décrivait la vie d’une « ghost blogueuse ». Cette dénomination vient du fait que son métier consiste à écrire dans les blogs de cinq personnalités, à leur place.

2. Que pensez-vous de ce principe de ghost blogging ?

Il existe deux écoles de pensée :

Pour certains, le blogueur est transparent et peut de se fait être interchangeable. Il est capable de traiter de nombreux sujets avec la conviction requise.

Les trois intervenants étaient favorables à la tendance inverse. Pour eux, il est important d’être passionnés par le sujet qu’ils doivent traités, d’avoir une réelle croyance dans le potentiel de la marque et d’en parler en leur nom propre.

La première méthode est souvent employée par les entreprises et les hommes politiques, or cela implique que le blogueur connaisse parfaitement les sujets et sache le défendre de manière instantanée et avec autant de conviction que la personne remplacée. Ce qui n’est souvent manifestement pas le cas. Employer un stagiaire pour remplir cette mission montre bien, selon les intervenants, la méconnaissance du métier.

3. En quoi consiste le métier de community manager ?

C’est un mélange de communication, de web-rédaction et de web-marketing. Le community manager intervient là où les entreprises ne savent pas encore être présentes, à savoir les réseaux sociaux et les blogs. Les pages fans de Facebook ont encore tendance à leur échapper et les blogs sont souvent de faux blogs tenus en interne par des salariés ou contrôlés par les entreprises par l’envoi de produits, etc.

Le community manager peut intervenir en amont avant la sortie du produit à récolter les premiers avis des futurs utilisateurs et à améliorer le produit en conséquence, comme l’a fait Mélanie Chamaah. Cependant, intervenir de la sorte réclame de la diplomatie. Par exemple, Marie  Van Humbeeck a expliqué qu’il ne fallait pas s’inscrire sur un forum de consommateurs juste pour « vendre son produit » car les forumeurs détestent ce genre de comportement et cela peut nuire à l’image du produit.  Il vaut mieux donc poser une question pertinente sur le forum qui peut faire débat dans la communauté soit en d’autres termes s’impliquer dans la communauté. Il est aussi possible de contacter le leader pour lui demander son aide. Le principe reste le même avec Twitter, par exemple. Les hommes politiques qui se sont mis à Twitter ont tendance à le considérer comme un moyen de transmettre leurs opinions de manière moderne. Or, ce n’est pas l’enjeu, les utilisateurs recherchent un mélange d’information et d’interaction.

4. Est-il nécessaire d’être blogueur pour être community manager ?

A priori, cela n’est pas nécessaire. Il faut bien évidemment s’intéresser aux blogs car ils représentent des sources d’information à ne pas négliger. Il convient donc d’être capable d‘effectuer de la veille dessus. De plus, le blogging est une sorte de réseau social car il fédère lui aussi des communautés.

Le blogging représente donc une bonne porte d’entrée au métier de community manager. Il n’existe d’ailleurs pas encore de formation dans ce domaine, il faut se former soi-même sur le terrain, mais maitriser les procédés de communication, le web et avoir des bases en marketing reste le plus efficace dans ce métier.

5. Faut-il être populaire pour être community manager ?

Le community manager est l’évolution du leader d’opinion d’autrefois. Ainsi, l’avantage d’être déjà populaire est que l’on peut mobiliser un réseau déjà existant. Les trois intervenants reconnaissent d’ailleurs que c’est ce que les marques qui les emploient espèrent secrètement.

Cependant, il faut savoir séparer les deux sphères pour ne pas perdre sa crédibilité auprès de sa communauté. Par exemple, Marie Van Humbeeck s’intéresse beaucoup aux sujets concernant les femmes et elle en parle sur son blog. Lorsqu’elle a été engagée par sa nouvelle entreprise, elle a clairement stipulée qu’elle n’évoquerait qu’une seule fois sur son blog l’entreprise et qu’elle agrandirait sa communauté de femmes susceptibles d’être intéressées plutôt que de solliciter sans arrêt sa communauté déjà existante.

6. Faut-il alors créer un nouveau blog pour chaque nouvelle marque ?

Il est certain qu’il faut clairement parler de son changement de statut pour ne pas porter à confusion. Beaucoup de fans de jeux vidéo et leaders sur les forums sont contactés pour devenir ambassadeurs du jeu. Certains ne pensent pas à le stipuler explicitement ou à ouvrir un nouveau blog, de ce fait les autres joueurs ne comprennent pas pour quelle raison, les autres jeux ne sont plus évoqués et un seul obtient dès lors toutes les louanges. Ce genre de comportement risque de leur faire perdre la confiance de leur communauté.

Cependant, un blog reste le reflet de la personnalité du blogueur. Ainsi, s’il éprouve parfois l’envie d’évoquer son travail, il ne doit pas s’en interdire pour autant.

7. Le community manager doit donc avoir de l’éthique.

Le community manager est engagé pour faire connaître la marque ou le produit. Si l’action déplait, il vaut mieux refuser dès le début car il faut être passionné et croire dans le produit pour bien en parler.

Compte rendu de l’atelier “La photo dans un site web mais aussi dans l’entreprise”

Intervenants :

  • Maryse Rizza : Records Manager pour le service Espace Naturel Lille Métropole de la communauté urbaine de Lille. Elle y gère l’ensemble de la photothèque, établit la politique de records management et gère l’ensemble des droits liés à l’information et à l’image.Elle est aussi membre  du bureau de la délégation Nord-Picardie de l’ADBS
  • Patrick Peccatte est informaticien documentaliste. Il a fondé l’entreprise « soft experience » qui fournit des logiciels utilisant tous le langage xml comme Kalimages qui permet la description, l’indexation et la recherche de photos ou Kalimages Pro qui permet de constituer une base de données photographique. Depuis trois ans, il est membre du projet Photos Normandie sur Flickr qui compose, corrige et met à jour des descriptions sur les photos d’archives américaines et canadiennes sur la bataille de Normandie.
  • Hervé Bernard est photographe et créateur d’images. Il est également auteur-consultant, il a publié plusieurs livres sur la perception visuelle et l’image numérique. Son prochain livre intitulé : Regard sur l’image sortira en avril prochain.

Animateurs

  • Claude Datiches
  • Claire Vuachet

1. La diffusion d’une photo sur internet induit-elle une différence dans sa composition ?

La diffusion sur Internet produit toujours une dégradation de l’image (changement de couleurs, de nuances, de taille, etc.). Il faut en tenir compte dès la composition et compenser en produisant une photo de plus grande qualité.

2. Quelle est l’utilité d’insérer des métadonnées dans les photos ?

Les métadonnées contiennent le nom du photographe, la date de prise, la taille, le modèle de l’appareil photo, etc. Ce sont des informations qui peuvent se révéler utiles en particulier pour la protection des droits d’auteurs. Par exemple, cela peut permettre à une personne souhaitant réutiliser la photo de contacter son créateur et de ce fait de rester dans la légalité. Ces métadonnées sont très facilement visibles, il suffit de faire un clic droit sur la photo. Cependant, peu de photographes pensent encore à les remplir. Par ailleurs, quelques personnes modifient les métadonnées pour reprendre les photos à leur nom.

Pour lutter contre cette violation des droits d’auteurs, certains photographes se servent de Watermark ou tatouage numérique. Ce sont des signatures présentes en filigrane sur l’image. Elles sont invisibles à l’œil nu mais apparaissent au moment de l’impression ou lorsque la photo est ouverte dans un logiciel de retouche.

Ces métadonnées peuvent aussi contenir des mots-clés servant à décrire l’image. Cette indexation est très importante pour la recherche dans un fonds documentaire d’entreprise. Elle doit toutefois être faite en tenant compte des contextes, des usages et des besoins des utilisateurs. Maryse Rizza conseille de remplir ces métadonnées de manière collaborative en présence des photographes, des ingénieurs d’étude, etc. Par exemple, dans son emploi actuel, elle commence par remplir les métadonnées par des constatations visuelles (les objets présents sur l’image), puis elle inscrit l’événement au cours duquel la photo a été prise et elle insère ensuite des données techniques sur le cadrage ou sur la dimension de fissure photographiée par exemple. Auparavant, Maryse Rizza travaillait au musée de Roubaix la Piscine, les métadonnées ne devaient alors pas être remplies de la même manière. Il était important d’y insérer des informations sur le mouvement pictural auquel le peintre appartenait, la nature de la composition, les instruments utilisés, etc.

Pour l’instant, les photos ressorties sur Google images n’utilisent pas les métadonnées insérées dans la photo mais des mots à proximité.

3. Y’a-t-il une norme pour l’insertion de métadonnées ?

Il a y a des normes techniques liées au format xml mais il n’y a pas de standard pour l’indexation en elle-même. Pour éviter les variations de dénomination, la communauté urbaine de Lille a composé son propre thésaurus. Cependant, même s’il est parfois difficile de le faire respecter, Maryse Rizza reste convaincue de son importance.

4. La création d’une photothèque doit-elle obligatoirement être faite par un iconographe ?

De plus en plus de documentalistes sont amenés à gérer un fonds photographique. Ils peuvent le créer et l’alimenter tout aussi bien qu’un iconographe de formation, à condition qu’ils ne réutilisent la classification utilisée pour leur fonds documentaire car les objectifs ne sont pas les mêmes. Or, c’est souvent ce qui se passe actuellement.

Patrick Peccatte a, par exemple, du reprendre l’indexation du fonds photographique du projet Normandie à zéro alors qu’elle avait été commencée auparavant, car les documentalistes n’y avaient pas inclus de données techniques.

Ainsi, un iconographe doit posséder des compétences techniques en photographie, un regard minutieux, un sens de l’esthétisme et savoir travailler en collaboration avec des graphistes, des photographes, des architectes capables de lui expliquer leur démarche.

5. Quels logiciels doit-on utiliser pour indexer et retrouver des photos ?

Tout dépend de la structure que l’on intègre. Avant de choisir un logiciel, il faut d’abord mener une réflexion sur les usages de la future photothèque et composer son thésaurus.

Il existe des logiciels spécialisés dans l’insertion de mots-clés et d’autres davantage orientés dans la recherche. Par exemple, avec Photoshop, il est juste possible d’indexer ses images. Picasa propose des recherches sous forme de visualisation, ce qui peut se révéler très pratique lorsque les utilisateurs éprouvent des difficultés à définir concrètement leur recherche.

6. En entreprise, l’iconographe doit-il indexer l’ensemble des photos qui lui parviennent ?

Un tri est à faire dans toutes les photos qui lui parviennent, d’autant plus en plus cas de diffusion sur le web car l’image est alors stratégique.

Maryse Rizza explique que le choix est encore une fois à faire à plusieurs pour procéder en même temps à une formation. En effet, lorsqu’un salarié fait des photos des soirées cocktail de son entreprise, il espère que toutes ses prises seront conservées. De même, lorsque les ingénieurs d’étude transmettent les photos prises sur les chantiers, ils donnent parfois un bâtiment pris sous de nombreux angles différents. Il faut donc expliquer à l’ensemble des acteurs l’importance de la sélection des photos pour trouver les plus pertinentes.

7. Comment cela se passe-t-il au niveau des droits d’auteurs, lorsqu’un salarié donne une photo ?

Quand la communauté urbaine de Lille publie une photo prise par l’un de ses salariés, elle lui conserve son droit moral. Ainsi, à coté de la photo sera inscrit le nom de son créateur. Cependant, la communauté préfère faire appel à des photographes professionnels s’il manque une photo. De ce fait, soit un photographe sera envoyé pour faire la photo manquante soit s’il en possède déjà une, elle lui sera achetée.

8. Que pensez-vous des recherches sur la reconnaissance faciale ?

La reconnaissance faciale sait reconnaître un visage mais de donne pas l’identité de son propriétaire. De plus, la limite est très vite rencontrée avec tout type de photo autre qu’un portrait. Il faudra bien évidemment que le procédé de reconnaissance faciale soit très contrôlé pour éviter les dérives que l’on peut constater dès maintenant avec les tags dans Facebook (quand une personne est taguée avec le nom d’une autre).

Cependant, on voit bien avec ces recherches que l’intérêt porté à l’image est actuellement de plus en plus important.

Web Analytics Camp, une première mondiale à Lille

Les Journées du Contenu Web, encadrées par Eric Delcroix et les étudiants de Master IDEMM, ont eu l’honneur d’accueillir vendredi 5 mars le tout premier BarCamp mondial des Web Analytics. Nicolas Malo, organisateur de l’événement, avait mis en place dès le mois de janvier le wiki wacamp.org afin de permettre à chacun de participer au projet.

logo-wacamp

Le Web Analytics Camp a pris la forme d’une « non-conférence », Nicolas Malo ayant à cœur de susciter l’échange de contenu et d’expérience autour de la pratique du Web Analytics, en toute convivialité.

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Compte-rendu de l’atelier “Lecture de l’image”

Animé par Hervé Bernard, le 4 mars 2010 à Euratechnologies (Lille).

Les premiers ateliers des journées du contenu web ont débuté par une série d’ateliers axés sur l’image. Laurent Mayeux et Eric Lebrun ont ouvert les journées du contenu web par une rapide présentation de la charte de la photographie équitable initiée par l’UPC (Union des Photographes Créateurs). Hervé Bernard a ensuite poursuivit l’atelier en traitant le thème de la lecture de l’image. Lire la suite

Table Ronde “SEO, quoi de neuf ?” : compte-rendu

animée par Alexandre Villeneuve – avec Philippe Yonnet, Eric Niakissa, Sébastien Billard, Renaud Joly, Damien Selosse, Roland Debrabant. Le 5 mars 2010 à Euratechnologies (Lille)

Le SEO Camp a pris une large place durant les Journées du Contenu Web, organisant deux cycles de conférences dédiées au référencement. Le public le plus avancé a pu assister à deux tables rondes d’experts : « SEO, quoi de neuf ? » et « Le SEO dans tous ses états ».
La première table ronde, consacrée aux dernières actualités du référencement, réunissait Philippe Yonnet, Eric Niakissa, Renaud Joly, Sébastien Billard, Roland Debrabant et Damien Selosse. Alexandre Villeneuve a animé les débats en main de maître.

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