Compte rendu de l’atelier “La photo dans un site web mais aussi dans l’entreprise”
Intervenants :
- Maryse Rizza : Records Manager pour le service Espace Naturel Lille Métropole de la communauté urbaine de Lille. Elle y gère l’ensemble de la photothèque, établit la politique de records management et gère l’ensemble des droits liés à l’information et à l’image.Elle est aussi membre du bureau de la délégation Nord-Picardie de l’ADBS
- Patrick Peccatte est informaticien documentaliste. Il a fondé l’entreprise « soft experience » qui fournit des logiciels utilisant tous le langage xml comme Kalimages qui permet la description, l’indexation et la recherche de photos ou Kalimages Pro qui permet de constituer une base de données photographique. Depuis trois ans, il est membre du projet Photos Normandie sur Flickr qui compose, corrige et met à jour des descriptions sur les photos d’archives américaines et canadiennes sur la bataille de Normandie.
- Hervé Bernard est photographe et créateur d’images. Il est également auteur-consultant, il a publié plusieurs livres sur la perception visuelle et l’image numérique. Son prochain livre intitulé : Regard sur l’image sortira en avril prochain.
Animateurs
- Claude Datiches
- Claire Vuachet
1. La diffusion d’une photo sur internet induit-elle une différence dans sa composition ?
La diffusion sur Internet produit toujours une dégradation de l’image (changement de couleurs, de nuances, de taille, etc.). Il faut en tenir compte dès la composition et compenser en produisant une photo de plus grande qualité.
2. Quelle est l’utilité d’insérer des métadonnées dans les photos ?
Les métadonnées contiennent le nom du photographe, la date de prise, la taille, le modèle de l’appareil photo, etc. Ce sont des informations qui peuvent se révéler utiles en particulier pour la protection des droits d’auteurs. Par exemple, cela peut permettre à une personne souhaitant réutiliser la photo de contacter son créateur et de ce fait de rester dans la légalité. Ces métadonnées sont très facilement visibles, il suffit de faire un clic droit sur la photo. Cependant, peu de photographes pensent encore à les remplir. Par ailleurs, quelques personnes modifient les métadonnées pour reprendre les photos à leur nom.
Pour lutter contre cette violation des droits d’auteurs, certains photographes se servent de Watermark ou tatouage numérique. Ce sont des signatures présentes en filigrane sur l’image. Elles sont invisibles à l’œil nu mais apparaissent au moment de l’impression ou lorsque la photo est ouverte dans un logiciel de retouche.
Ces métadonnées peuvent aussi contenir des mots-clés servant à décrire l’image. Cette indexation est très importante pour la recherche dans un fonds documentaire d’entreprise. Elle doit toutefois être faite en tenant compte des contextes, des usages et des besoins des utilisateurs. Maryse Rizza conseille de remplir ces métadonnées de manière collaborative en présence des photographes, des ingénieurs d’étude, etc. Par exemple, dans son emploi actuel, elle commence par remplir les métadonnées par des constatations visuelles (les objets présents sur l’image), puis elle inscrit l’événement au cours duquel la photo a été prise et elle insère ensuite des données techniques sur le cadrage ou sur la dimension de fissure photographiée par exemple. Auparavant, Maryse Rizza travaillait au musée de Roubaix la Piscine, les métadonnées ne devaient alors pas être remplies de la même manière. Il était important d’y insérer des informations sur le mouvement pictural auquel le peintre appartenait, la nature de la composition, les instruments utilisés, etc.
Pour l’instant, les photos ressorties sur Google images n’utilisent pas les métadonnées insérées dans la photo mais des mots à proximité.
3. Y’a-t-il une norme pour l’insertion de métadonnées ?
Il a y a des normes techniques liées au format xml mais il n’y a pas de standard pour l’indexation en elle-même. Pour éviter les variations de dénomination, la communauté urbaine de Lille a composé son propre thésaurus. Cependant, même s’il est parfois difficile de le faire respecter, Maryse Rizza reste convaincue de son importance.
4. La création d’une photothèque doit-elle obligatoirement être faite par un iconographe ?
De plus en plus de documentalistes sont amenés à gérer un fonds photographique. Ils peuvent le créer et l’alimenter tout aussi bien qu’un iconographe de formation, à condition qu’ils ne réutilisent la classification utilisée pour leur fonds documentaire car les objectifs ne sont pas les mêmes. Or, c’est souvent ce qui se passe actuellement.
Patrick Peccatte a, par exemple, du reprendre l’indexation du fonds photographique du projet Normandie à zéro alors qu’elle avait été commencée auparavant, car les documentalistes n’y avaient pas inclus de données techniques.
Ainsi, un iconographe doit posséder des compétences techniques en photographie, un regard minutieux, un sens de l’esthétisme et savoir travailler en collaboration avec des graphistes, des photographes, des architectes capables de lui expliquer leur démarche.
5. Quels logiciels doit-on utiliser pour indexer et retrouver des photos ?
Tout dépend de la structure que l’on intègre. Avant de choisir un logiciel, il faut d’abord mener une réflexion sur les usages de la future photothèque et composer son thésaurus.
Il existe des logiciels spécialisés dans l’insertion de mots-clés et d’autres davantage orientés dans la recherche. Par exemple, avec Photoshop, il est juste possible d’indexer ses images. Picasa propose des recherches sous forme de visualisation, ce qui peut se révéler très pratique lorsque les utilisateurs éprouvent des difficultés à définir concrètement leur recherche.
6. En entreprise, l’iconographe doit-il indexer l’ensemble des photos qui lui parviennent ?
Un tri est à faire dans toutes les photos qui lui parviennent, d’autant plus en plus cas de diffusion sur le web car l’image est alors stratégique.
Maryse Rizza explique que le choix est encore une fois à faire à plusieurs pour procéder en même temps à une formation. En effet, lorsqu’un salarié fait des photos des soirées cocktail de son entreprise, il espère que toutes ses prises seront conservées. De même, lorsque les ingénieurs d’étude transmettent les photos prises sur les chantiers, ils donnent parfois un bâtiment pris sous de nombreux angles différents. Il faut donc expliquer à l’ensemble des acteurs l’importance de la sélection des photos pour trouver les plus pertinentes.
7. Comment cela se passe-t-il au niveau des droits d’auteurs, lorsqu’un salarié donne une photo ?
Quand la communauté urbaine de Lille publie une photo prise par l’un de ses salariés, elle lui conserve son droit moral. Ainsi, à coté de la photo sera inscrit le nom de son créateur. Cependant, la communauté préfère faire appel à des photographes professionnels s’il manque une photo. De ce fait, soit un photographe sera envoyé pour faire la photo manquante soit s’il en possède déjà une, elle lui sera achetée.
8. Que pensez-vous des recherches sur la reconnaissance faciale ?
La reconnaissance faciale sait reconnaître un visage mais de donne pas l’identité de son propriétaire. De plus, la limite est très vite rencontrée avec tout type de photo autre qu’un portrait. Il faudra bien évidemment que le procédé de reconnaissance faciale soit très contrôlé pour éviter les dérives que l’on peut constater dès maintenant avec les tags dans Facebook (quand une personne est taguée avec le nom d’une autre).
Cependant, on voit bien avec ces recherches que l’intérêt porté à l’image est actuellement de plus en plus important.
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