Table Ronde “SEO, quoi de neuf ?” : compte-rendu
animée par Alexandre Villeneuve – avec Philippe Yonnet, Eric Niakissa, Sébastien Billard, Renaud Joly, Damien Selosse, Roland Debrabant. Le 5 mars 2010 à Euratechnologies (Lille)
Le SEO Camp a pris une large place durant les Journées du Contenu Web, organisant deux cycles de conférences dédiées au référencement. Le public le plus avancé a pu assister à deux tables rondes d’experts : « SEO, quoi de neuf ? » et « Le SEO dans tous ses états ».
La première table ronde, consacrée aux dernières actualités du référencement, réunissait Philippe Yonnet, Eric Niakissa, Renaud Joly, Sébastien Billard, Roland Debrabant et Damien Selosse. Alexandre Villeneuve a animé les débats en main de maître.
L’événement SEO 2010
La discussion a été lancée par un tour de table général autour de la question suivante : « Pour vous, quel est l’événement de l’année en référencement ? ». Les réponses variées des experts ont permis de dresser un panorama complet des évolutions du métier :
- Pour Renaud Joly, le fait le plus marquant est l’évolution des réseaux sociaux : Twitter a réussi à contester la suprématie de Google comme source d’information.
- Philippe Yonnet a quant a lui évoqué l’apparition de Bing dans le paysage des moteurs de recherche : l’arrivée de nouveaux adversaires oblige Google à s’améliorer sur les fonctionnalités proposées par la concurrence et se renouveler.
- La personnalisation des résultats est pour Eric Niakissa une évolution significative : après le PageRank, le TrustRank, c’est aujourd’hui l’arrivée du PersonRank. Le référencement n’est alors plus un objectif en soi mais un moyen : désormais, l’objectif d’un site web n’est plus simplement d’être bien positionné mais d’obtenir des conversions.
- Selon Damien Selosse, la popularité grandissante de Google Suggest auprès des utilisateurs n’est pas sans conséquence : les internautes utilisent de plus en plus cette aide à la recherche, ce qui fait que les requêtes sont de moins en moins génériques. Depuis récemment, des liens sponsorisés sont inclus au sein des suggestions.
- Une autre évolution marquante, pointée par Roland Debrabant, est la stratégie de recrutement d’annonceurs de Google : Google ne s’intéresse plus seulement aux gros annonceurs, et essaie de plus en plus d’attirer les PME par des offres de réduction.
Ce premier tour de table a permis à Alexandre Villeneuve de construire sur le vif le fil conducteur du débat. Parmi les nombreux points soulevés dans la suite de la table ronde, deux questions ont particulièrement retenu l’attention des experts : le développement de la recherche universelle et la personnalisation des résultats.
Impacts de la recherche universelle
Alexandre Villeneuve a ensuite orienté les discussions sur la question de l’impact de la recherche universelle.
Roland Debrabant s’est chargé de rappeler au public ce que signifie le terme « recherche universelle ». Aujourd’hui, les pages de résultats de Google ne proposent plus uniquement des liens vers des pages web, mais sont composées d’une multitude d’éléments : images, vidéos, actualités, maps, blogs, résultats issus des réseaux sociaux, résultats en temps réel… C’est ce qu’on appelle « recherche universelle » ou « blending search ».
Ce type d’affichage des résultats n’est pas une invention de Google mais est apparu d’abord chez la concurrence.
Pour tous les experts, cette évolution des moteurs a un impact énorme sur le référencement. Aujourd’hui, le site web est toujours au centre du référencement mais il est entouré d’une galaxie d’éléments susceptibles de le promouvoir. L’optimisation des images, des vidéos mais aussi des réseaux sociaux doit donc être prise en compte dans une stratégie globale.
Sébastien Billard a de plus souligné que l’affichage « mélangé » des résultats remet en cause le poncif du « triangle d’or » : aujourd’hui il peut être plus intéressant de se situer juste au-dessous d’une vidéo qui va attirer l’œil de l’internaute qu’en 3e position par exemple.
Dans le public, une spectatrice a fait part de ses interrogations : la recherche universelle complexifie le travail du référenceur, mais ne rend-elle pas également plus complexe la recherche de l’utilisateur ? Eric Niakissa a démenti cette hypothèse : selon lui, la recherche universelle a surtout pour but de promouvoir les résultats des moteurs verticaux (Google images, Google videos, Google actu…) et d’offrir aux utilisateurs un spectre de réponses plus large. L’aspect variable de la présentation des résultats ne vise pas à déstabiliser l’utilisateur mais plutôt à s’adapter à chaque type de requête.
La personnalisation des résultats
Renaud Joly et Damien Selosse ont rappelé à l’assemblée que les résultats d’un moteur peuvent être adaptés à l’internaute par 3 moyens :
- l’identification de l’adresse IP : elle permet de géolocaliser l’utilisateur et de cibler les recherches dans la ville la plus proche (les restaurants à Lille si l’utilisateur tape « restaurant » par exemple).
- la collecte de l’historique de navigation : l’historique est conservé par cookie (enregistrement limité dans le temps et réduit) ou par compte Gmail si l’utilisateur en possède un (enregistrement plus développé). Le moteur connaît alors mieux les préférences de recherche de l’utilisateur et lui proposera davantage des sites qu’il a l’habitude de consulter.
- sur un mode plus déclaratif, la promotion de sites par l’utilisateur lui-même avec la fonctionnalité SearchWiki.
Cette personnalisation des résultats au profil de chaque utilisateur remet totalement en cause le concept de positionnement et semble complexifier énormément le travail du référenceur.
Sébastien Billard a cependant nuancé ce constat en expliquant que les personnalisations sont pour l’instant mineures, et qu’il subsiste toujours un positionnement « standard » des sites web faisant référence. Il faut d’abord se concentrer sur ce positionnement standard si on veut espérer être bien positionné pour les résultats personnalisés.
La personnalisation des résultats a de plus certaines limites, par exemple dans la cas d’un ordinateur partagé par toute une famille.
Pour conclure la discussion, les experts se sont accordés pour dire que toutes ces nouveautés sont à observer de près même s’il faut rester prudent quant à leur impact sur le référencement. Le référencement est un travail de patience et est loin d’être, on l’aura compris, une science obscure.
Merci pour ce résumé… j’ y découvre la notion de personrank et j’aime la réflexion sur le positionnement sur les pages de recherches (en dessous des vidéos par exemple)… Super ces SEO CAMP mais quand est ce que ca descend dans le sud ouest ???!!!
La personnalisation doit impacter pour 20% des résultats (source Google). Ça me semble loin d’être une remise en cause totale.
Bien sûr, 20% de personnalisation + 10% de liens vidéos + 20% de liens Adwords + 10% d’affichages propriétaires divers et variés + Wikipedia = pas grand chose qui reste pour les résultats naturels.
Mais c’est un autre débat.
Bonjour,
pourquoi vous dites “recherche universelle” et non pas “résultats universels” car au final se sont les résultats qui sont universels et non pas la recherche !
@Alex
Le terme “recherche universelle” ne désigne pas la requête faite par l’internaute. Il faut plutôt le comprendre du point de vue du moteur, qui cherche à travers toutes les sources de contenus indexées. Il s’agit en fait d’une traduction littérale du système lancé par Google en mai 2007 et baptisé “Universal Search”.
Oui la personnalisation ne concerne pas la totalité des résultats mais c’est très visible, et parfois surprenant. Y compris pour les clients des referenceurs qui travaillent en agence…
D’autre part le phénomène est a étudier car il pourrait prendre plus de place dans les mois a venir.
@Claire Ruffin
oui je suis d’accord, google l’appelle ainsi “universal search” car dans leurs tête c’est l’algorithme qui fait de la recherche universelle dans toutes les sources.
certains l’appellent “universal SERP”… et c’est ce qui est approprié à mon avis.
Par ailleurs, google favorise beaucoup ces sources comme youtube, images google …etc. dans ces résultats universels. c’est une manière de verrouiller l’internaute.